Aviator ***
"Aviator" est l'un de ces films qui nous rappellent que ce n'est ni l'argent, ni le pouvoir qui font avancer le monde mais bel et bien la passion. Jusqu'ici rien de révolutionnaire, n'importe quelle comédie sentimentale hollywoodienne pourrait délivrer le même message.
Là où "Aviator" se distingue et rayonne, c'est parce qu'il nous dit également que la passion se paie, que la vie n'est pas là pour nous faire de cadeau et qu'il faut sans cesse se battre.

Avec ses multiples névroses, son hypocondrie, son instabilité chronique, sa solitude et l'acharnement médiatique et judiciaire dont il est victime, le milliardaire-cinéaste-aviateur Howard Hugues a payé le prix de sa passion. Et sûrement plus encore.
Tout au long du film, il tombe puis se relève tel un enfant qui essayerait de faire du vélo sans les petites roues. Il rêve sans cesse de nouveaux projets et imagine en permanence d'autres innovations mais plus ses yeux brillent et plus les critiques s'élèvent. Sa peur des maladies grandit au fur et à mesure que ses détracteurs se multiplient.
On comprend alors que sa phobie des microbes est avant tout la peur d'un monde extérieur si peu enclin au changement et à la passion. On comprend également que son engouement pour l'aviation part d'une envie de s'envoler très loin et, surtout, très haut.
Naviguer au-dessus des préjugés, des mensonges, de la haine, de l'aigreur et du conformisme. On imagine alors pouvoir s'assoir sur le siège de co-pilote aux côtés de cet Howard Hugues remarquable sous les traits de Leonardo DiCaprio et ainsi nous aussi décoller très loin et très haut...
Et puis la lumière du cinéma se rallume, on retrouve notre vie, on regarde le ciel et on se dit que, peut-être nous aussi, même sans argent même sans pouvoir, pourrions nous envoler très loin et très haut...
Il paraît qu'il suffit d'y croire...
"Aviator" de Martin Scorcese avec Leonardo DiCaprio, Cate Blanchett et Alec Baldwin.


4 Comments:
Je n'aime pas Léo mais je dois avouer que j'ai beaucoup aimé ce film !!! Je le conseille !
Bises mon BEUN
Avant toute chose, je tiens beaucoup à te féliciter pour ce blog, si soigneusement préparé et mis à jour. C’est une véritable passion, avec un P majuscule, une passion pure et simple pour le cinéma qui se dégage de chacune de tes phrases.
Eh oui, la passion… On a tous besoin qu’on nous rappelle que c’est elle qui fait avancer le monde. Moi qui ne prends rien pour acquis je m’interroge plutôt si c’est vrai mais le réalisateur de l’aviateur n’a pas vraiment eu intérêt à soulever cette question. Ce qui compte, dit-il, c’est de croire tout simplement. Croire en quelque chose, croire pour agir, pour garder l’espoir et y puiser la force de surmonter toute sorte d’obstacles, y compris le manque de pouvoir et les contraintes financières. L’argent et le pouvoir font avancer le monde (!) à condition qu’ils soient un moyen et non pas une finalité en eux-même. Cette notion romantique de passion qui donne la force d’agir contre vents et marrés semble dépassé dans le contexte occidental contemporain. En plus elle peut être jugée par certains comme naïve et ressassée à en mourir d’ennui. Mais je crois de fer qu’il y a en a parmi nous qui rêvent de briser les chaînes du quotidien pour s’envoler quitte à tout risquer. Je crois, en plus, que ce grain de passion et de romantisme incurable et féroce n’est pas une perle rare mais qu’elle est inhérente à nous tous. Il faut juste faire germer le grain. Telle était la vocation du film. Entre la vocation et la réussite, il y a tout un chemin a parcourir : Howard Hugues a parcouru le sien mais je regrette de ne pas pouvoir en dire autant du réalisateur du film. On a tous bien compris le message mais il faut encore que le tout soit convaincant surtout dans un film qui véhicule l’idéalisme, si j’ose dire, outré. C’est donc ça la première mission du film… "Mission Impossible", à ce que je vois. Il est difficile d’atteindre à l’objectif de crédibilité avec un acteur comme Léonardo Di Caprio qui, certes, ne manque pas de technique, mais qui nous la montre sur un plateau au lieu de s’en servir pour construire un personnage authentique. Bref, j’y ai pas cru, Léo. Dommage, car malgré quelques lourdeurs, j'ai apprécié le film.Ce que je trouve un peu paradoxale, c’est que des films aussi édifiants que l’Aviateur soient issue du milieu hypocrite par dessus la tête, dominé par des rapport de forces et par l’argent, c’est à dire de Hollywood. Il nous reste à croire qu’il ne s’agit que d’une attitude de façade à laquelle les plus grands du grand écran ont du se résigner pour réaliser leur passion : le cinéma.
Eperdument idéaliste et critique comme un couteau à double tranchant,
Matthieu,
PS. Qu ‘est-ce que j’aimerais faire des critiques comme toi… gros becs.
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