18.3.05

De battre mon coeur s'est arrêté ***

Les cinéphiles (ou mélomanes) s'en souviennent, avant de se lancer dans le long, Jacques Audiard avait réalisé plusieurs clips dont le victoirisé "La nuit je mens" de Bashung ou encore "Ô compagnons" de Raphaël. Ce sens de la mélodie, cette mise en scène réglée comme une partition saute aux yeux dans chacun de ses films. Ici les mélodies les plus classiques de Bach ou Haydn alternent avec la techno assourdissante et saturée que Tom écoute sous son casque quasi intégral pour s'isoler du monde.

Il faut dire que Tom fait un métier qui ne lui plaît pas et le pire, c'est qu'il ne s'en rend même plus compte. Tom a suivi les traces de son père, il est marchand de biens. Autrement dit, il achète des immeubles à bas prix en délogeant les locataires à la force des battes de base-ball ou en lachânt des rats dans la cage d'escalier. Mais comme à chaque fois qu'on a emprunté un itinéraire qui n'était pas le nôtre, il y a un moment où tout va craquer.
Tom va retrouver par hasard un homme qui va le remettre sur les traces de la musique. La mutation va débuter.
Cet homme froid, cupide et indifférent qu'il était va tenter de devenir le jeune pianiste enthousiaste, amoureux et passionné qu'il aurait du être. Mais il n'est pas facile de sortir de la case dans laquelle on est entré, il n'est pas facile de faire accepter aux autres qu'on est différent de ce qu'ils ont toujours cru...
Réglé comme du papier à musique, ce film permet à Romain Duris de s'affirmer comme l'un des meilleurs acteurs de sa génération. La mise en scène de Jacques Audiard, elle, suit les rythmes de la musique : en mouvement permanent, le réalisateur virevolte parmi ses personnages, il les frôle ou les caresse. Il déborde de la même énergie du désespoir qui animait les premiers films de Martin Scorcese ou même "Les nuits fauves" de Cyrille Collard.
D'ailleurs les héros de chacun de ces films ont tous en commun d'avoir des rêves trop grands pour une réalité trop petite.
Des rêves d'amour, des rêves de liberté, des rêves qui ont un prix.
De le faire battre si fort, à tout moment leur coeur risque de lâcher...

"De battre, mon coeur s'est arrêté" de Jacques Audiard, avec Romain Duris, Aure Attika et Jonathan Zaccaï.

3 Comments:

Anonymous zoé said...

juste un petit coucou pour te dire combien cela me fait plaisir de lire des critiques aussi justes et bien écrits :)

19 mars, 2005 15:07  
Anonymous C.M. said...

Un film à voir... Les commentaires ne peuvent que donner envie d'y aller !!!

20 mars, 2005 18:47  
Anonymous Anonyme said...

...."DE BATTRE MON COEUR S'EST.... RALENTI" quand tu es parti mon Béni. Bisous taquins de ta M..... Préférée

17 avril, 2005 11:17  

Enregistrer un commentaire

<< Home