27.5.06

Zidane, un portrait du XXIe siècle ***


Il existe au monde deux catégories de gens : ceux qui aiment le foot et ceux qui n'aiment pas le foot.
Les premiers adorent ça, les seconds détestent ça. Il n'y a pas de juste milieu.
Et pourtant curiseusement, "Zidane, un portrait du XXIe siècle" s"adresse plus aux seconds qu'aux premiers.

Filmer un joueur de football, et un joueur uniquement, en gros plan et en temps réel du début à la fin d'un match. Le pari semble insensé et c'est justement ce qui séduira ceux qui n'aiment pas le foot et frustrera les autres. Impossible évidemment de suivre le déroulement de l'action, l'intérêt est ailleurs. Ne pas être spectateur d'un match de football mais en devenir acteur, ne pas regarder Zidane mais devenir Zidane.
Qui ne s'est jamais demandé ce que pouvait ressentir un champion au moment où il vient de marquer un but, au moment où 80.000 tifosi se lèvent dans les tribunes ?
"Zidane" ne le montre pas, il nous le fait vivre.

Sans même évoquer l'exploit technique et esthétique qui permet de voir jusqu'à une goutte de sueur perler sur le front du champion, ce film ofre avant tout des moments d'émotion. Le plus fort étant sans conteste celui où les réalisateurs ont décidé de remplacer le son du match par celui d'une bande d'enfant en train de jouer au foot dans une cour de récréation. Revenir à l'essence même du football : un simple moment de jeu, un plaisir partagé. A coups de mercato, d'argent et de scandales, on avait fini par l'oublier...

Envoûtant et hypnotique, ce film aime manipuler la conscience du specateur. L'emmener ailleurs. On se surprend au bout de quelques dizaines de minutes à ne plus du tout penser au match, mais plutôt à imaginer ses vacances, à réflechir sur sa vie ou même à faire sa liste de courses... "Zidane" est un moment hors-du-temps de médtation et d'esthétisme. Un film peu long c'est vrai, mais la méditation réclame bien ça...

"Zidane, un portrait du XXIe siècle" de Philippe Parreno et Douglas Gordon, avec Zinedine Zidane